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Au-delà des gènes : les retombées des travaux de la Dre Christine Bear sur les traitements personnalisés de la FK   

1 novembre 2024

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Dre Christine Bear, chercheuse à SickKids

Au-delà des gènes : les retombées des travaux de la Dre Christine Bear sur les traitements personnalisés de la FK   

La Dre Christine Bear, chercheuse biomédicale au Hospital for Sick Children (SickKids) de Toronto et professeure à l’université, s’est engagée à comprendre la fibrose kystique (FK), une maladie génétique, et à élaborer des stratégies de traitements ciblés. À l’heure actuelle, elle dirige une étude pour améliorer la sensibilité des études sur le typage thérapeutique dans des cultures de cellules épithéliales nasales prélevées chez des porteurs de mutations rares responsables de la FK. Ces travaux, financés par Fibrose kystique Canada, visent à améliorer l’adhésion thérapeutique, à réduire le nombre d’hospitalisations et à alléger le fardeau de la prise en charge de la FK. Les travaux de la Dre Bear sont une étape essentielle pour répondre aux besoins de la communauté de la FK. 

La Dre Bear a été recrutée par l’hôpital SickKids en 1988, et son mandat a coïncidé avec la découverte du gène régulateur transmembranaire de la fibrose kystique (CFTR pour Cystic Fibrosis Transmembrane Conductance Regulator), un moment déterminant qui a donné le ton à sa carrière. En termes simples, le gène CFTR est comme le mode d’emploi à l’intérieur de nos cellules, qui explique à notre corps comment produire la protéine qu’on appelle CFTR. Cette protéine aide normalement le calcium à entrer dans les cellules et à en sortir, ce qui est essentiel pour assurer le bon fonctionnement des poumons, de l'appareil digestif et d'autres organes.  

En parlant de cette découverte, la Dre Bear souligne ses retombées considérables : « La découverte du gène CFTR a jeté les bases pour comprendre la FK à l’échelle moléculaire, ce qui nous a permis de mettre au point des traitements ciblés qui continuent d’évoluer aujourd’hui ». Ces percées ont permis d’expliquer pourquoi la FK survient, c'est-à-dire quand des anomalies ou des mutations sont présentes dans ce gène et engendrent un dysfonctionnement de la protéine CFTR. Cela entraîne l'accumulation d’un mucus épais et visqueux dans les poumons et d'autres organes pouvant mener à des problèmes respiratoires et à d’autres troubles de santé. 

Cette découverte a révélé le rôle important joué par la CFTR en tant que canal chlorure, un canal essentiel au fonctionnement des cellules épithéliales. Les cellules épithéliales servent de couche protectrice dans les organes vitaux de l’organisme comme les poumons, le tube digestif et le pancréas. Elles contribuent à la protection de ces organes et surveillent ce qui entre et en ressort. La protéine CFTR agit comme une petite barrière dans ces cellules, en permettant au chlorure (une sorte de sel) de rentrer et sortir, ce qui est essentiel pour le bon fonctionnement cellulaire. La Dre Bear, qui a déjà étudié le canal chlorure, a mis son expertise à profit pour révéler comment les mutations du CFTR interfèrent avec les fonctions cellulaires, ce qui engendre les troubles pulmonaires et digestifs courants chez les patients atteints de FK. « Le fait de comprendre les mécanismes par lesquels les mutations du CFTR nuisent au transport du chlorure a été révélateur, explique-t-elle. Cela nous a fait porter nos efforts sur la mise au point de traitements qui visent à rétablir la fonction dans des tissus altérés. » 

Au départ, les travaux de la Dre Bear visaient à comprendre les caractéristiques des mutations du CFTR, puis ils se sont élargis pour étudier leurs répercussions cliniques. Ses premiers travaux ont posé les jalons permettant de comprendre comment ces mutations altèrent les fonctions respiratoire et digestive, définissant ainsi des aspects clés de la FK. 

Des études subséquentes ont été menées en partenariat avec des universités et d'autres partenaires du secteur et nous ont aidés à mieux comprendre comment certaines protéines défectueuses, par exemple quand la mutation courante F508del et d'autres mutations rares dans la FK sont en cause, peuvent être réparées avec des médicaments. 

photo de Dre Christine Bear

Dre Christine Bear, chercheuse biomédicale au Hospital for Sick Children (SickKids) de Toronto et professeure à l’université

Les travaux de recherche de la Dre Bear ont fait de grandes enjambées après la mise sur pied de CFIT (Cystic Fibrosis Individualized Therapy), une plateforme révolutionnaire conçue conjointement par le SickKids et Fibrose kystique Canada. « CFIT a été créée pour prédire l’efficacité des traitements personnalisés à l'aide de cultures de tissus des voies nasales provenant de patients », a-t-elle expliqué. Cette approche a révolutionné le traitement de la FK en permettant de mieux prédire les résultats des traitements chez des patients individuels atteints de FK. 

Contrairement aux modèles de lignées cellulaires conventionnels, la plateforme CFIT tient compte des différences qui existent naturellement entre chaque patient, même entre patients porteurs d’une même mutation du CFTR, comme elle se sert de tissus provenant de patients. « L'expérience de la FK diffère d’un patient à l’autre, affirme la Dre Bear. CFIT nous permet de personnaliser les traitements en fonction du bagage génétique de chacun, l’incarnation même de la médecine personnalisée. » 

Au-delà de ses contributions scientifiques, la Dre Bear encourage une approche de recherche collaborative, nouant des partenariats entre les disciplines et les établissements. « La collaboration est essentielle pour s'attaquer aux complexités de la FK, insiste-t-elle. Travailler avec des experts de divers champs de pratique nous permet de concevoir de meilleurs modèles et traitements, ce qui ultimement améliorera les résultats pour les patients. » 

En se tournant vers l'avenir, la Dre Bear mise sur les récentes percées dans les traitements modulateurs de la CFTR, comme Trikafta. « Les répercussions transformationnelles de Trikafta chez les patients porteurs de la mutation delta F508 mettent en valeur l’énorme potentiel de la recherche, ce qui se traduit directement en bienfaits significatifs pour les patients fibro-kystiques, indique-t-elle. Elles soulignent le besoin urgent d’élargir l'accès à des traitements efficaces contre toutes les mutations du CFTR, afin de nous assurer que chaque personne puisse bénéficier des progrès réalisés dans le traitement de la FK. » 

La participation des patients demeure au cœur de la philosophie de recherche de la Dre Bear. « Les patients ne sont pas de simples participants, mais des partenaires dans nos efforts de recherche, insiste-t-elle. Leurs points de vue et leurs expériences uniques orientent nos travaux et justifient notre engagement envers la mise au point de traitements plus efficaces et, en fin de compte, de traitements curatifs contre la FK. Leur implication a une valeur inestimable pour guider nos travaux et nous assurer que nos efforts s'attaquent directement aux difficultés éprouvées par les personnes fibro-kystiques. » 

Les travaux novateurs de la Dre Christine Bear sont un exemple de synergie entre les questions scientifiques, les intérêts des patients et l’innovation collaborative dans la lutte contre la fibrose kystique. Dans le cadre de son leadership au SickKids et de son rôle essentiel pour faire avancer les traitements personnalisés de la FK grâce à des initiatives comme CFIT, elle continue de redéfinir le paysage de la recherche dans ce domaine. Son dévouement fournit non seulement de l'espoir mais aussi des soins personnalisés aux personnes et à leurs proches touchés par ce trouble génétique complexe. 

Dans son dernier message adressé à la communauté, la Dre Bear a exprimé sa profonde gratitude envers les patients FK et leur famille qui ont généreusement accepté de fournir des cellules et se sont impliqués dans le programme CFIT; leurs contributions sont précieuses. « Leur confiance et leur collaboration ont été essentielles pour faire avancer notre compréhension et les traitements de la fibrose kystique, mentionne-t-elle. Militer pour un meilleur accès à des traitements comme Trikafta est au cœur de notre mission, et en examinant plus de données et de résultats, nous souhaitons élargir son utilité pour en faire profiter les porteurs de mutations rares. » Elle réitère son engagement à tirer profit de la plateforme CFIT pour accroître l'accessibilité aux traitements et leur efficacité et continuera de vouer ses efforts à l’amélioration de la vie des personnes atteintes de FK grâce à des travaux de recherche novateurs et à des soins personnalisés.