Au-delà des poumons : explorer les répercussions cachées de la FK avec Dre Valérie Chappe
1 novembre 2024Partagez ceci :

Au-delà des poumons : explorer les répercussions cachées de la FK avec Dre Valérie Chappe
La Dre Valérie Chappe est doyenne associée d’étudiants de cycle supérieur à la Faculté des études supérieures et professeure titulaire au Département de physiologie et biophysique à la Faculté de médecine de la Dalhousie University à Halifax, en Nouvelle-Écosse (Canada), où elle mène des travaux de recherche sur la fibrose kystique (FK) et ses conséquences sur la santé globale. Ses travaux tentent de déterminer le rôle joué par certaines molécules, comme le peptide intestinal vasoactif (PIV), sur la santé pulmonaire et les maladies respiratoires. Elle se penche plus particulièrement sur les interactions entre le PIV et une autre molécule, le GLP-1, chez des patients atteints de fibrose kystique chez qui le diabète apparaît souvent en tant que complication. Collaborant avec diverses équipes d’experts, la Dre Chappe s'efforce d'approfondir notre compréhension des aspects moléculaires et cellulaires des maladies respiratoires, dans le but d’élaborer des stratégies novatrices de traitement. Son dévouement et son approche innovatrice ont été récemment reconnus; son projet actuel a en effet reçu le Prix Robbie pour la nouvelle recherche la plus prometteuse remis par Fibrose kystique Canada.
Au départ, les travaux de la Dre Chappe visaient à comprendre comme la FK s’attaque principalement aux poumons. Toutefois, ces travaux se sont grandement élargis étant donné que la FK a des effets généraux et touche non seulement les poumons, mais aussi des organes fondamentaux comme le pancréas. « Le pancréas est essentiel pour réguler la glycémie, et chez les personnes fibro-kystiques, l’intégrité de protéines précises cruciales pour la fonction pancréatique est altérée, indique la Dre Chappe. Ce dysfonctionnement nuit souvent à la maîtrise glycémique, le trait distinctif du diabète associé à la fibrose kystique (DAFK). »
L’étude de la Dre Chappe au sujet des répercussions sur le pancréas découle de travaux préliminaires menés sur des modèles animaux qui reproduisent les symptômes de la FK. « Ces modèles ont révélé des changements substantiels dans les protéines pancréatiques, ce qui a poussé notre équipe à explorer comment ces changements influent sur la régulation du glucose tôt dans l’évolution de la maladie », ajoute-t-elle. Ce nouveau point de mire met en valeur la nature générale de la FK et réitère la place extrêmement importante qu’occupe le pancréas dans la compréhension du DAFK.
L’étude du PIV – un régulateur clé de l’inflammation et de la fonction tissulaire dans l’organisme – est au cœur des travaux de la Dre Chappe. Dans le cadre de ses travaux, la Dre Chappe et son équipe ont découvert que le PIV joue un rôle essentiel dans la santé pancréatique des patients atteints de FK. « Le PIV interagit étroitement avec la protéine CFTR, qui est en cause dans la FK. Nous voulons savoir à quel point le PIV est essentiel au maintien de la fonction pancréatique, indique-t-elle. Lorsque le taux de PIV est insuffisant, comme on l’observe dans la FK, les complications pancréatiques peuvent-être aggravées, ce qui contribue à l’apparition du DAFK. »
Les travaux de la Dre Chappe, qui clarifient le rôle du PIV dans le DAFK, ont une portée plus large et nous aident à mieux comprendre comment des interruptions dans les signaux envoyés par ce neuropeptide contribuent à l’évolution de la maladie. « Nos découvertes mettent en lumière le rôle varié du PIV, qui va au-delà de ses fonctions connues, révélant ainsi son potentiel comme cible thérapeutique en vue d'atténuer le dysfonctionnement pancréatique dans la FK », explique-t-elle. Les travaux de la Dre Chappe ont montré que le PIV, bien connu pour sa capacité à réguler l'activité du muscle lisse et l'absorption hydrique dans les intestins, a des effets considérables sur le pancréas. Cette découverte est cruciale étant donné que c'est le pancréas qui produit l’insuline et que cette dernière régule la glycémie. Chez les patients fibro-kystiques, le dysfonctionnement du PIV peut mener à une baisse de la production d’insuline, ce qui aggrave le DAFK.
En plus de chercher à comprendre le mécanisme sous-jacent de la FK et du DAFK, la Dre Chappe s'est engagée à faire en sorte que les résultats obtenus dans ses travaux servent concrètement à mettre au point des traitements pour les patients. « En collaboration avec des sociétés pharmaceutiques, nous explorons de nouvelles approches thérapeutiques qui ciblent les voies du PIV dans l’organisme, mentionne-t-elle. Les essais préliminaires menés sur des animaux ont montré des résultats prometteurs, pavant ainsi la voie à de futurs essais cliniques dont le but sera d’élaborer des moyens de prévenir ou d’atténuer le diabète chez les patients atteints de FK. »
Les partenariats noués entre la Dre Chappe et PhaseBio Pharmaceuticals Inc., puis récemment avec ImmunoForge, sont un bon exemple de son approche translationnelle et jettent un pont entre la recherche fondamentale et les applications cliniques. « Nos travaux visent à accélérer la mise au point de traitements ciblés qui pourraient atténuer les symptômes du DAFK et améliorer les résultats globaux sur la santé des patients fibro-kystiques », ajoute-t-elle. Ces partenariats continus ont pour principal objectif de mettre au point des médicaments qui imitent ou accentuent l'activité du PIV, afin de potentiellement offrir une nouvelle stratégie thérapeutique aux patients atteints de DAFK. En ciblant le PIV et ses voies de signalisation, la Dre Chappe espère non seulement s'attaquer au DAFK, mais aussi améliorer la santé globale des patients fibro-kystiques.
Elle réitère l’importance de la collaboration interdisciplinaire pour répondre à des enjeux médicaux complexes comme la FK et le DAFK. « En travaillant étroitement avec les cliniciens et les chercheurs spécialisés en FK et en diabète, nous nous assurons que les résultats de nos travaux puissent efficacement être appliqués dans la pratique clinique », indique la Dre Chappe. Cette approche collaborative accélère la mise au point de nouveaux traitements et améliore les résultats obtenus avec les soins prodigués aux patients.
L'approche de collaboration interdisciplinaire adoptée par la Dre Chappe ne se limite pas aux partenariats établis avec le milieu universitaire et le secteur pharmaceutique, elle fait également participer activement des personnes atteintes de FK à ses travaux. « Le fait d’intégrer le point de vue des patients et les observations cliniques à nos travaux de recherche améliore la pertinence et les répercussions de ceux-ci, dit-elle. Ultimement, nous comptons améliorer la qualité de vie des patients FK de partout dans le monde. »
Dans l'avenir, la Dre Chappe veut élargir la portée de sa recherche pour inclure d'autres complications de santé qui touchent les personnes atteintes de FK. « Avec le soutien de Fibrose kystique Canada et d'autres organismes de recherche, nous voulons non seulement faire avancer les soins du diabète, mais aussi améliorer la qualité de vie des patients FK à l’échelle mondiale. » Le dévouement de la Dre Valérie Chappe et ses travaux novateurs promettent de fournir de nouvelles connaissances et d'améliorer les soins des personnes fibro-kystiques.
En pensant à son parcours de chercheuse et aux répercussions que ses travaux pourraient avoir sur la vie des personnes atteintes de FK, elle exprime sa profonde gratitude envers le soutien reçu qui a rendu son projet réalisable. « Notre équipe de recherche est emballée à l’idée de mener ces travaux, et nous remercions sincèrement Fibrose kystique Canada pour son soutien, ainsi que tous les généreux donateurs sans qui tout cela n'aurait pas pu être possible. Nous sommes honorés et fiers d’être appuyés par l’extraordinaire communauté FK », affirme-t-elle. La Dre Chappe demeure déterminée à repousser les limites de la recherche sur la FK, en sachant que toute découverte nous rapproche d’un meilleur avenir pour les personnes touchées par cette maladie.
Fibrose kystique Canada remercie Research Nova Scotia d’avoir contribué la somme de 100 000 $ au cofinancement des travaux de recherche de la Dre Chappe.
