Breathless Saison 2, épisode 6, résumé : Un nouvel horizon
10 juin 2026Partagez ceci :

Dans l’épisode final de la deuxième saison de Breathless, la conversation tourne autour de ce qui va suivre. Après avoir consacré la saison à explorer l’évolution de la vie avec la fibrose kystique, Jeremie réfléchit à la transformation de la définition de l’espoir dans la communauté.
Depuis son enfance, il a vu un schéma se répéter. Des moments éclairés par la lueur de l’espoir d’une découverte possible, suivis de la déception qu’elle ne se réalise pas.
Toutefois, au cours des dernières années, un changement s’est amorcé. Pour la première fois, les progrès semblent tangibles et fondés sur la science. Après avoir entendu toute sa vie qu’un traitement curatif était sur le point d’arriver, Jeremie commence à croire que c’est maintenant peut-être possible. Cette conviction s’accompagne toutefois de nouvelles questions. Comment y parvenir et en sommes-nous proches?
Communauté en transition
Pour saisir vers quoi se dirige la communauté fibro-kystique, Jeremie insiste sur l’importance de comprendre le moment présent. Le paysage a été redessiné et nous traversons maintenant une période de transition importante.
Dans cet épisode, Jeremie accueille la présidente et chef de la direction de Fibrose kystique Canada, Kelly Grover, qui explique que lorsqu’elle s’est jointe à l’organisme en 2018, le point de mire était clair : assurer à tous les Canadiens un accès à Trikafta. Elle se souvient de gestes de revendication, notamment d’un déplacement vers Ottawa avec des familles directement touchées par la FK. Elle a été particulièrement marquée par le fait d’avoir revu un jour un jeune homme qui avait autrefois connu des difficultés et qui, depuis qu’il avait commencé le traitement, était en excellente santé.
En même temps, elle décrit ce moment comme étant mitigé. Si plusieurs personnes ont profité de ces avancées, d’autres ne sont toujours pas en mesure d’accéder au traitement ou de le tolérer; ce sont ces personnes qui doivent être le nouveau point de mire.
Jeremie s’entretient également avec le Dr Paul Eckford, directeur en chef des activités scientifiques de Fibrose kystique Canada, qui revient sur les décennies de recherches qui nous ont permis d’arriver où nous sommes aujourd’hui. Depuis les années 1960, l’organisme a investi des sommes considérables dans la recherche sur la FK; des chercheurs canadiens ont d’ailleurs contribué aux développements majeurs dans les soins et aux découvertes qui ont mené à Trikafta.
Nouvelles possibilités
Pour le reste de la communauté fibro-kystique qui ne dispose actuellement d’aucune option, le défi est différent. Dans ces cas, la protéine CFTR n’est tout simplement pas présente. Dr Bowen Li, chercheur à la University of Toronto, se joint à l’épisode afin d’expliquer que pour les personnes porteuses d’une mutation rare, Trikafta n’est pas efficace en raison de l’absence d’une protéine sur laquelle le médicament pourrait agir. Comme le précise Jeremie, Trikafta fonctionne en appuyant une structure existante, un peu comme on renforce un édifice vacillant. Mais en présence de mutations rares, il n’y a pas d’édifice à stabiliser.
Cette évolution dans la compréhension soulève une autre question : que faire quand il n’y a « rien à réparer »? Si on ne peut pas réparer ce qui existe, il faut regarder en amont, réécrire le plan de base. C’est ici qu’on commence à parler des technologies émergentes, notamment ARNm et CRISPR. Pour rendre cette idée plus accessible, Dr Li propose une analogie simple. On peut considérer l’ADN comme un livre de recettes rangé de manière sécuritaire dans une voûte appelée nucléus. Le livre original ne peut pas être retiré, mais il est possible d’en copier des pages. Ces copies, appelées ARNm, contiennent les instructions permettant au corps de fonctionner.
Ce concept est longtemps resté hors de portée : l’ARNm est fragile et les tentatives initiales de l’utiliser comme traitement ont échoué, en raison de sa décomposition presque immédiate dans le corps. Il s’agissait donc plus d’une idée scientifique que d’une solution pratique. Toutefois, avec le temps, les choses ont commencé à changer.
Dans les années 1990, les chercheurs se sont attaqués à un défi de taille : comment réussir à livrer des instructions génétiques dans le corps. Des méthodes de stabilisation et de protection de l’ARNm ont graduellement été mises au point afin de lui permettre de survivre assez longtemps pour agir. Ces études novatrices, publiées en 2005, ont par la suite contribué à rendre possible la mise au point de vaccins à l’ARNm, et dans le contexte de la fibrose kystique, ont ouvert la voie à de nouvelles possibilités de traitement.
L’épisode revient sur l’explication du livre de recettes. Si une recette originale contient une erreur de frappe, il ne faut pas nécessairement remplacer la totalité du livre. On peut plutôt envoyer une copie corrigée des instructions directement à la cuisine.
Dans le cas de la fibrose kystique, l’ARNm offre une idée semblable : livrer des instructions saines aux cellules pour qu’elles puissent produire la protéine dont le corps a besoin.
Jeremie se demande toutefois comment amener une substance aussi délicate que l’ARNm dans les poumons, qui sont conçus pour rejeter les corps étrangers? Entre le mucus et les défenses immunitaires du corps, atteindre les bonnes cellules est un véritable un défi.
La réponse réside dans la manière dont ces instructions sont protégées. Les chercheurs ont recours à des nanoparticules lipidiques – de minuscules transporteurs à base de lipides qui agissent comme des vecteurs de transport, contribuant à protéger l’ARNm et à le guider vers l’endroit où il est nécessaire.
La conversation aborde ensuite une autre possibilité : et si au lieu d’envoyer encore et encore des instructions corrigées, on corrigeait plutôt le plan original lui-même?
Redessiner le plan original
C’est ici qu’intervient l’édition génique CRISPR. Plutôt que de constamment corriger une erreur de frappe, CRISPR permet de corriger l’ADN directement à la source de la mutation.
Jeremie se demande d’où est venue cette idée. Dr Li explique qu’il y a plusieurs décennies, des chercheurs examinant des bactéries ont constaté la présence de schémas répétés inhabituels dans l’ADN, sans savoir ce que cela voulait dire. Ils ont plus tard découvert que les bactéries conservaient une sorte de relevé des virus rencontrés auparavant. Si un même virus refaisait surface, la bactérie le reconnaissait et le coupait grâce à une protéine nommée Cas9.
Cette découverte a donné naissance à une idée plus ambitieuse : utiliser ce système naturel pour modifier les gènes humains.
Dr Li explique qu’en 2012, des chercheurs ont montré que la technologie CRISPR pouvait être programmée pour repérer et modifier des éléments d’ADN précis. L’édition génique venait de devenir une méthode que les chercheurs pouvaient mettre en pratique, et non pas seulement imaginer.
En ce qui concerne la fibrose kystique, Jeremie signale que les chercheurs savent déjà ce qui est à l’origine du problème : le gène CFTR. Le défi est maintenant d’acheminer ces outils aux bonnes cellules dans les poumons.
L’épisode explore ensuite les deux possibilités qu’offrent l’ARNm et l’édition génique CRISPR. L’ARNm envoie en quelque sorte des instructions corrigées aux cellules. La méthode CRISPR va plus loin en visant la correction de ce qui est fourni à la base, les instructions elles-mêmes.
Jeremie demande ensuite quelle est la place de l’intelligence artificielle dans ces technologies. Dr Li déclare que l’IA ne remplace pas les chercheurs – elle les aide à travailler plus rapidement. Plutôt que de passer des années à examiner d’énormes quantités de données, les scientifiques peuvent analyser les informations plus rapidement et se concentrer sur leur interprétation et sur les étapes suivantes.
Réflexions finales
Jeremie conclut l’épisode en réfléchissant au fait que, selon son expérience, « l’espoir » non contrôlé peut prendre sa propre forme de cruauté. Toutefois, ses conversations avec Dr Li et Dr Eckford sont très différentes des discussions qui avaient cours lorsqu’il était jeune. Il entend maintenant des chercheurs qui comprennent exactement ce qui est défectueux au niveau moléculaire et qui savent quels outils employer pour y remédier. C’est ce changement qui distingue le moment présent du type d’espoir auquel il avait été exposé auparavant.
Jeremie dit s’estimer chanceux, comme de nombreuses personnes qui peuvent prendre Trikafta. Il reconnaît toutefois aussi que la ligne d’arrivée n’a pas encore été atteinte. Pour certains, Trikafta n’est pas une option. De nouveaux diagnostics sont encore posés et des familles tentent toujours de comprendre ce que l’avenir leur réserve et sont à la recherche de quelque chose qui les aidera à tenir bon. Comme le dit Jeremie, « c’est à nous de leur donner la raison d’espérer ».
Kelly Grover prononce les derniers mots de la saison. Elle mentionne que l’avenir continue d’être axé vers l’amélioration de la vie et du bien-être des personnes atteintes de fibrose kystique. Elle ajoute que ce travail demande un appui continu, un effort collectif et l’encouragement des autres à faire partie de ce qui s’en vient. Comme le dit Kelly, « nous n’avons pas terminé ».



